Il existe peu de sneakers capables de traverser les décennies sans perdre de leur aura. La Superstar d’adidas Originals fait partie de celles-là. Née sur les parquets NBA au début des années 70, reconnaissable entre mille grâce à sa shell toe en caoutchouc, elle a quitté les terrains de basketball pour s’ancrer durablement dans la rue, la musique et la mode. Plus qu’une chaussure, la Superstar est devenue un langage.
Dans les années 80, elle s’impose aux pieds des pionniers du hip-hop, symbole d’affirmation et d’indépendance. Depuis, elle n’a cessé d’être réappropriée : par les skateurs, les créatifs, les designers, les mannequins, les artistes. Chaque génération la redéfinit sans jamais trahir son ADN noir et blanc. Cette capacité à absorber l’époque tout en restant fidèle à elle-même explique sans doute sa longévité.
Pour le printemps 2026, adidas Originals met en scène cette intemporalité à travers une campagne incarnée par Samuel L. Jackson. Dans un décor d’hôtel surréaliste où le temps semble suspendu, l’acteur croise celles et ceux qui façonnent la culture contemporaine : JENNIE, Kendall Jenner, Lamine Yamal, Baby Keem, Olivia Dean, James Harden ou encore Tyshawn Jones. Un casting transgénérationnel qui illustre l’omniprésence de la Superstar dans les sphères de la musique, du sport et de la mode.
Mais au-delà des visages, c’est la symbolique qui frappe. La Superstar ne suit pas les tendances : elle les traverse. Elle accompagne aussi bien un survêtement ample qu’un tailleur déconstruit, un denim brut qu’une silhouette minimaliste. Elle incarne cette zone poreuse entre luxe et street, performance et style, héritage et modernité.
Les légères évolutions apportées cette saison — touches de rouge, textures revisitées, coupes plus contemporaines — ne cherchent pas à la transformer radicalement. Elles rappellent au contraire que son pouvoir réside dans la nuance. La Superstar n’a pas besoin d’en faire trop pour rester centrale.
Dans une industrie obsédée par la nouveauté, elle impose une autre temporalité : celle de la constance. Et c’est peut-être là, finalement, sa plus grande modernité.










