Pour le printemps-été 2027, YOKE s’empare du concept de Dépaysement, cher à l’artiste surréaliste Meret Oppenheim, pour questionner notre manière de percevoir le vêtement. Et si une matière pouvait devenir une autre ? Et si l’œil se trompait volontairement ? C’est autour de cette tension entre apparence et sensation que le label japonais construit l’une de ses collections les plus conceptuelles à ce jour.
À l’image de l’emblématique Object (Le Déjeuner en fourrure), dans lequel Meret Oppenheim recouvrait une tasse de fourrure pour bouleverser sa fonction et sa perception, YOKE détourne les matières de leur contexte habituel. Fourrure, cuir ou laine, traditionnellement associés à l’hiver, s’invitent dans un vestiaire estival à travers un remarquable travail textile. Un cuir embossé imite le denim, un nylon technique se pare d’une broderie évoquant le tweed, tandis qu’un cupro ultraléger reçoit un flocage qui rappelle le velours côtelé. À chaque silhouette, la matière brouille les repères et invite à regarder une seconde fois.
Cette volonté de déconstruire les évidences s’étend également aux codes du vestiaire. Introduite la saison dernière, la ligne féminine fusionne progressivement avec la collection masculine dans une approche fluide, fidèle à la conviction de Meret Oppenheim selon laquelle « l’esprit n’a pas de genre ». Sans jamais chercher l’effet spectaculaire, YOKE efface les frontières entre masculin et féminin au profit d’une silhouette plus libre et instinctive.
Entre artisanat japonais d’exception et réflexion surréaliste, la collection fait du détail sa véritable force. Les collaborations avec HEREU, TSUCHIYA KABAN ou encore foot the coacher prolongent cette recherche d’objets hybrides, à l’image d’un éventail japonais glissé dans un étui en fausse fourrure. Un clin d’œil aussi poétique qu’ironique à l’univers de Meret Oppenheim, qui résume parfaitement l’ambition de YOKE : faire naître l’étrangeté au cœur du quotidien.










