Pour le printemps-été 2027, LGN convoque l’univers de Twin Peaks sans jamais tomber dans la citation littérale. Plus qu’une référence, la série de David Lynch devient une atmosphère : celle d’un été froid, enveloppé de brume, où chaque silhouette semble porter un secret. Le vestiaire s’articule autour d’archétypes familiers — un détective, une serveuse, une adolescente rebelle, une femme fatale — dont les trajectoires se croisent dans un récit aussi trouble que cinématographique.
Cette tension irrigue toute la collection. Les costumes, volontairement déconstruits, laissent les vestes occuper le premier rôle. Réalisées en laine à fines rayures, en coton ciré ou en grain de poudre, elles dialoguent avec un vestiaire plus instinctif où les codes masculins se fissurent subtilement. Le jersey pointelle, historiquement associé à la lingerie féminine, devient un débardeur, tandis que le satin, les plumes d’autruche ou les matières transparentes apparaissent comme des réminiscences d’un vestiaire intime.
Chez LGN, la sensualité ne s’impose jamais. Elle se glisse dans une encolure, un tombé de tissu ou un jeu de superpositions, notamment à travers les célèbres fentes de la maison, ici réinterprétées sur des robes et des doubles débardeurs. La palette oscille entre noir profond, ivoire, sable, vert mousse et bruns inspirés des peintures de Francis Bacon, tandis que les rayures et les carreaux vintage insufflent un esprit à la fois rétro et contemporain.
Des accessoires Harley-Davidson aux lunettes développées avec MYKITA, chaque détail renforce cette impression d’ambiguïté. Entre romantisme sombre, désir contenu et élégance fragile, LGN signe une collection où la masculinité se fait plus libre, plus sensible et profondément narrative.










