La créatrice britannique succède à Pierpaolo Piccioli et devient la première femme à diriger la création de la maison fondée en 1917.
Dans la mode, les nominations de directeurs artistiques ressemblent parfois à des jeux de chaises musicales. Celle de Martine Rose chez Balenciaga, annoncée par Kering ce 6 novembre, a pourtant une vraie saveur de manifeste. Elle prendra officiellement ses fonctions le 16 novembre.
Une première historique
C’est la première fois qu’une femme prend la tête de la création de Balenciaga depuis la naissance de la maison, il y a plus d’un siècle. Elle est aussi nommée à la fois sur les collections homme, femme et couture, un périmètre immense. Elle remplace Pierpaolo Piccioli, resté seulement seize mois en poste. Un passage éclair, qui laisse la maison en quête de cap.

Une enfant de Londres
Née et élevée à Londres dans une famille d’origine jamaïcaine, Martine Rose a fondé sa marque éponyme en 2007. Son terrain de jeu : le vestiaire masculin, qu’elle déforme avec malice. Costumes aux proportions décalées, sportswear détourné, références à la rue et aux clubs londoniens. Son travail a toujours dessiné une mode qui se regarde autant qu’elle se porte, avec cette désinvolture très britannique.
Elle connaît aussi la maison de l’intérieur : elle a travaillé trois ans chez Balenciaga à l’époque de Demna. Ce retour a donc des airs de boucle bouclée. « C’est un immense privilège », a-t-elle déclaré dans le communiqué officiel, évoquant un esprit créatif audacieux qui l’a toujours inspirée.
Ce que ça change pour la maison
Balenciaga a connu ces dernières années des virages spectaculaires, du streetwear provocateur de l’ère Demna à la parenthèse plus couture de Piccioli. Martine Rose pourrait réconcilier ces deux pôles. Elle a la culture de la rue, le sens de la coupe et une vraie connaissance de l’ADN Balenciaga. L’enjeu sera de respecter l’héritage de Cristóbal Balenciaga, maître de la haute couture et de la sculpture du vêtement, tout en parlant à une clientèle internationale qui change vite.
Son arrivée confirme aussi une tendance : les grandes maisons misent sur des créateurs indépendants à l’identité forte plutôt que sur des profils plus lisses. Après des années de silhouettes interchangeables, cette envie de personnalité fait plaisir.
Et maintenant ?
Les attentes sont élevées, et le calendrier de sa première collection reste à découvrir. Une chose est sûre : la prochaine fashion week parisienne sera scrutée de près. Entre héritage espagnol, couture parisienne et énergie londonienne, Martine Rose chez Balenciaga pourrait bien signer l’un des chapitres les plus excitants de la saison.









