Treize ans après ses débuts, la marque parisienne cesse son activité. En cause, un conflit avec son actionnaire majoritaire. Mais tout n’est peut-être pas écrit.
C’est le genre de nouvelle qui fait l’effet d’un écran qui s’éteint en plein défilé. Début novembre, Coperni, le label parisien célèbre pour ses coups d’éclat viraux et ses créations technologiques, a officialisé sur Instagram la fin de ses activités. Un rideau qui tombe comme un symbole : court, visuel et sidérant.

Treize ans de coups d’éclat
Fondée en 2013 par Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant, duo fusionnel à la ville comme à la création, Coperni s’est imposée en quelques années comme un OVNI de la mode parisienne. Après une parenthèse entre 2015 et 2018 pour assurer la direction artistique de Courrèges, le binôme relance son label avec une vision radicale : un minimalisme affûté, un goût assumé pour la technologie et un sens du spectacle hors normes.
En 2019, le Swipe Bag, rigide et épuré, devient l’accessoire que tout le monde repère. Puis viennent les images qui ont fait le tour du monde : Bella Hadid aspergée d’un liquide qui se solidifie en robe sur le podium, des chiens-robots en guise de figurants, jusqu’à un défilé à Disneyland Paris en octobre 2024. Chez Coperni, la mode était aussi un spectacle, et il fonctionnait.

Un conflit qui a tout grippé
Derrière les paillettes technologiques, les coulisses étaient nettement moins fluides. En cause : un conflit ouvert entre les fondateurs et le Tomorrow London Group, devenu actionnaire majoritaire en 2019. Une crise interne aux conséquences directes, marquant le début de la fin : la marque renonce d’abord à défiler lors de la Fashion Week de Paris en mars 2026, avant d’être placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris le 11 juin dernier, avec une période d’observation fixée jusqu’au 11 décembre.
La suite s’est accélérée : face à l’échec des négociations pour trouver un repreneur, la société a acté la cessation définitive de ses activités, laissant 26 salariés dans l’incertitude.

Société et marque, deux sujets distincts
C’est là que réside toute la nuance. Dans leur communiqué, Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant ont bien spécifié la fin des activités de la société Coperni SAS. Le sort du nom, des licences et de l’univers créatif reste, à ce stade, en suspens. D’autant que le duo a laissé entendre qu’une nouvelle aventure verrait bientôt le jour. Autrement dit : ce n’est pas le dernier acte des créateurs, mais seulement la fin d’un chapitre industriel.

Un signal pour la mode indépendante
Cette fermeture touche bien au-delà de Coperni. Elle rappelle la fragilité des marques indépendantes, même les plus médiatisées. Un buzz mondial, des sacs best-sellers et des célébrités en première ligne ne suffisent pas toujours quand la gouvernance se grippe. Pour un secteur du prêt-à-porter déjà sous tension, c’est un nouveau coup dur, et un rappel que la créativité ne vit pas que d’idées : elle dépend aussi de structures solides.
La suite ?
La mode a la mémoire courte, mais certains moments restent. Une robe qui se fige sur un corps, un sac devenu icône : Coperni a laissé des images durables. Reste à savoir quelle forme prendra la suite. D’ici là, les amateurs peuvent se consoler en gardant l’œil sur le prochain chapitre de ses deux créateurs.










