Et si la couture n’était plus seulement une démonstration de savoir-faire, mais un manifeste sur l’identité ? Avec sa nouvelle collection, Aziz Rebar fait du vêtement un terrain d’émancipation. Le créateur imagine une garde-robe où la construction ne sert pas uniquement la silhouette, mais raconte le passage de la contrainte à la liberté.
Référence assumée à Andorra de Max Frisch, le défilé interroge les identités que la société projette sur chacun. Un propos qui se traduit directement dans les vêtements. Fidèle à son approche sculpturale, Aziz façonne des volumes architecturaux à travers un travail de coupe particulièrement précis. Les lignes semblent rigides, presque monumentales, mais conservent une fluidité inattendue, comme si chaque pièce était déjà prête à se transformer.
Le récit se déploie en trois temps. D’abord, Control, où les silhouettes impeccablement symétriques incarnent une féminité dictée par les normes et la quête de perfection. Puis Release, lorsque les structures commencent à céder : les volumes se désaxent, les proportions se dérèglent et le corps reprend progressivement possession du vêtement. Enfin, Freedom célèbre une silhouette libérée de toute contrainte. Les asymétries s’affirment, les matières deviennent presque impalpables et les formes gagnent en spontanéité.
Plus qu’une démonstration de couture, AZIZ signe une réflexion sur la manière dont le vêtement peut déconstruire les injonctions plutôt que les reproduire. Ici, la précision technique ne cherche jamais la perfection pour elle-même : elle accompagne une métamorphose, celle d’une identité qui se construit enfin selon ses propres règles.






























